posté le 13-10-2010 à 00:55:59

Mon retour ici est toujours la chronique d'une rechute, une descente silencieuse, un aller retour dans le passé en compagnie du manque.

A la recherche de mes Absents.

 

 

La vie a tellement bien repris son cours normal que vous n'appartenez maintenant plus qu'au passé. Le silence déjà si lourd qui vous entourait au début de votre Envol n'a fait que s'élargir. Et plus on s'autorise à revivre, plus l'entourage vous confine dans l'oubli.

Je peux compter en mois le temps qui me sépare d'une discussion où quelqu'un a osé prononcer un de vos prénoms. Je peux compter sur les doigts d'une seule main le nombre de fois que j'ai entendu Théo ou E. depuis cinq mois... Et le pire dans tout ça c'est que moi-même je me tais.

 

 

Je ne lutte plus contre ce temps qui passe et qui efface lentement vos traces. Je n'ai plus le courage de m'affronter aux gens pour crier que vous existez. Quand on me demande si c'est mon premier bébé que j'attends je choisis de répondre par facilité que ce n'est que mon 2ème. Et je vous enterre plus profond dans les mémoires, je me laisse aller dans cette spirale de l'oubli.

 

 

Mais le manque m'a rattrapé et avec lui son poids de culpabilité.

Je suis enceinte et je n'ai même pas osé venir l'annoncer ici. Par peur, par crainte, mais surtout par lâcheté. Je ne veux pas que l'histoire se reproduise alors je nie ma propre histoire pour oublier que c'est possible de tout perdre si vite. Je ne vaux pas mieux que tous ces êtres contre qui je me suis battue pendant des années pour affirmer mon statut de Mamange.

Aujourd'hui je ne mérite même plus ce nom. Je vous ai donné la vie et j'ai voulu vous oublier...

 

 

J'aimerai tellement oublier parfois qu'on marche sur un fil, que tout peut basculer d'un moment à l'autre. Que mon corps peut m'abandonner et faire mourir mon bébé, que la vie que j'ai donnée peut s'éteindre dans un souffle, une nuit, juste à mes côtés. J'aimerai oublier cette trahison de la Vie pour couver celle qui grandit dans mon ventre le plus sereinement possible. J'aimerai que mon statut de Maman ne soit pas si difficile à porter entre la Vie et la Mort.

 

J'aimerai oublier que je vous ai oublié mais la culpabilité est bien trop grande et je préfèrerai me cacher plutôt qu'avouer qu'un jour j'ai osé vous nier...

 

 

J'aimerai vous dire que je vous aime mais je ne suis même plus sûr d'en avoir le droit...

 

 

Vous me manquez tous les deux...

 

 


Commentaires

 

1. lylydher  le 21-10-2010 à 22:50:49

J'ai découvert votre blog, aujourd'hui.
chaque jour je parcours le net afin d'aider mon amie qui a perdu sa première fille de presque 4 mois le 18 aout dernier.
je suis mère de 2 enfants , j'essaye d'imaginer , et je multiplie ( c'est une image ) par 100 000. il n'y a pas de chiffre, de niveau à cette douleur que vous ressentez.
j'ai lu , page après page , votre blog. c'est tellement fort , votre amour présent , passé, votre douleur présente ,présente jamais passée.
j'aimerai qu'elle puisse y croire, se dire que c'est possible même si le manque est à vie présent.
je n'ai pas de mot pour sa souffrance, je suis là , juste.
soyez fière de vous et de votre vie , je vous admire.
amicalement

2. Phoenix91  le 20-12-2010 à 21:35:35

Bonjour, je suis votre blog depuis plusieur mois maintenant je ne suis plus très sur de comment je suis tombé dessus peut-être sur un forum mon amie a perdu une de ses jumelles il y a de ça 2 ans. Je n'ai pas pu m'empêcher de pleuré en lisant vos textes. Je suis de tout coeur avec vous plein de courage pour la suite !!!

3. tedach  le 01-01-2011 à 16:59:31

Un petit coucou pour te dire que je viens réguliérement te lire que je pense à vous trés souvent et que je te trouve merveilleuse et pleine de courage. Je te souhaite plein de bonne chose dans cette longue aventure, tes mots apaise à chaue fois ma douleur, tu mests des mots sur mes douleurs. Théo et Evalyna ont une maman pleine de courage...et d'amour
Bisous à vous et tendres pensées à tes p'tites Etoiles. Charlène

 
 
 
posté le 02-06-2010 à 01:35:58

5 ans après le début du deuil la route continue

Encore une date.

Encore une marche à escalader, encore une étape à franchir.

Alors je reprends le chemin du deuil, une route que je ne quitte jamais vraiment.

 

 

J'ai tant appris au cours de ce parcours qu'il serait difficile de dresser une liste. C'est bien au-delà de leçons que je pourrais réciter...

 

 

C'est mon Coeur de maman qui s'est souvent renversé, c'est pleurer jusqu'au jour où plus une larme ne peut couler, c'est hurler de douleur et demander à crever, c'est taper dans des murs jusqu'à m'écrouler...

C'est me battre dans le vide, me défendre contre rien. C'est m'user de fatigue à lutter en vain. C'est une chute interminable vers le néant, c'est une spirale infernale qui m'emporte toujours plus bas, et qui fait toujours plus mal.

Mais c'est aussi un Stop dans l'engrenage infernal, quand le corps tout entier réclame du répit, quand l'esprit se réveille pour mettre fin au cauchemar, quand l'instinct de survie déclenche son alarme.

 

 

Il y a cette promesse faite sur Sa tombe, il faut que je vive malgré tout, il faut que je vive malgré moi.

C'est le premier Virage de ce long chemin.

 

 

C'est une nouvelle destination.

C'est rendre mes armes devant l'adversité, c'est accepter que ce que je cherche je l'ai déjà perdu, c'est me remettre sur mes jambes pour essayer d'avancer. C'est admettre que ma route se fera sans sa petite main dans la mienne. C'est faire face à un vide qui donne le vertige. C'est me poser des questions qui n'ont aucune réponse. C'est cesser de chercher des explications. C'est avancer sans savoir. C'est espérer sans y croire...

 

 

Qu'elle est longue cette portion de route.

Parce qu'après avoir tenu ce petit être dans mes bras et la promesse d'une vie merveilleuse auprès de lui il ne me reste plus rien.

 

C'est le parcours de la prise de conscience, de l'acceptation aussi. C'est renoncer aux rêves et les enterrer avec Lui. C'est refuser la conjugaison au futur pour se protéger et s'emmurer dans le présent. C'est ne plus vouloir perdre le contrôle, c'est paniquer devant le changement et l'inattendu. C'est la colère qui se réveille et l'envie de retaper dans le vide. C'est la raison qui prend le dessus et qui tempère. C'est la tempête dans tout mon corps, c'est la bataille dans mes entrailles. Je me sens déchirée de l'intérieur. Je veux lâcher et m'accrocher en même temps, je veux être forte et je sombre l'instant suivant. Je veux m'autoriser à pleurer et je me secoue dans la minute pour ne pas m'apitoyer. Je suis ma victime et mon bourreau. Je suis perdue entre deux mondes, je cherche ma place et la trouve là où tout est plus compliqué !

 

 

J'accepte.

Ma Vie est sur cette terre pour encore quelques années. Je n'accepte pas par envie mais j'accepte par devoir et par amour aussi... L'homme que j'aime m'attend pour reprendre le cours d'un semblant de vie. Son deuil à lui est transparent. Il avance sur mes pas simplement pour me retenir quand je tombe. Il s'est oublié en route, il m'a protégée sur ce chemin sinueux et il nous a porté vers l'avenir.

C'est un nouveau virage. C'est la reconstruction.

 

 

C'est refaire confiance à la vie malgré ce sentiment de trahison, c'est me forcer à croire et reparler d'avenir. C'est me faire violence pour oser de nouveau, c'est essayer de sourire un peu et culpabiliser de l'avoir fait. C'est me permettre de rire l'espace de quelques secondes et pleurer cet instant dans les minutes qui suivent. C'est le sentiment que le souvenir s'éloigne, c'est la peur de l'oubli, c'est la rage contre le temps qui court. C'est la douleur qui se réveille encore trop souvent. C'est la sensation que plus je veux avancer plus le deuil se fait lourd. C'est voir des signes partout et me dire que mon Fils m'en veut de chercher à survivre. C'est me traiter de conne et me rappeler que mon Bébé voudrait simplement me voir heureuse.

C'est réussir enfin à passer une journée sans pleurer. C'est me coucher le soir et sentir le vide me gagner. C'est les larmes qui reviennent et mes efforts qui s'effondrent. C'est constater que pour l'instant je ne suis pas maître de ma Vie. C'est m'avouer que je tâtonne dans la reconstruction. C'est mon mari qui me souffle ses encouragements, ce sont ses mots qui effacent cet échec, c'est son amour qui me console. Doucement, lentement, tendrement, il m'entraîne dans cet élan.

 

 

Doucement, lentement notre avancée porte ses fruits.

 

La vie est revenue et avec elle toutes ses promesses. Un nouvel être dans nos bras qui nous observe et nous attendris. C'est le sublime dans la tristesse, c'est la lumière dans la pénombre. C'est une Victoire sur le Destin.

 

C'est redécouvrir la Vie avec des sentiments amplifiés. C'est l'envie de savourer sans partager, c'est la fierté d'avoir accompli un rêve que je n'osais à peine entrevoir. C'est le bonheur de me sentir vivante et de ne pas m'en culpabiliser. C'est lever les yeux au Ciel et dire "tu vois je te l'avais promis". C'est accueillir un nouvel Enfant et lui promettre le meilleur, c'est voir l'avenir se redessiner sous nos pieds devant les portes de sortie de la maternité. C'est aussi la peur qui me tiraille et le stress qui me gagne. C'est la pression qui m'envahit et cette barre que je place trop haut. C'est une mission de perfection que je m'inflige et que je m'apprête à échouer.


 

La Vie après n'est pas toute rose.

 

C'est le revers de la médaille. C'est idéaliser sans réfléchir. C'est me rendre compte que finalement avoir un Enfant en vie n'est pas si simple. Que ma patience n'est pas si grande, que mon bonheur n'est pas si solide, que mon instinct de maman n'est pas aussi au point que je l'imaginais.

C'est me retrouver partager entre me deux fils. Il y a celui que j'aime et que je n'ai plus. Celui-ci est parfait puisque figé dans l'idéal. Et puis il y a celui que j'ai et que je peine à aimer. Parce que bien vivant à côté de moi il n'est pas mon idéal. Il est lui-même, avec son caractère et ses défauts. Il est un Bébé différent de son frère. Il est un petit être merveilleux que je n'étais pas bien préparée à recevoir.

 

C'est la désillusion et la déception. C'est me persuader que je n'y arriverai jamais. C'est me convaincre que je ne suis pas faite pour être mère. Je veux qu'on me rende mon premier enfant. C'est de cette vie-là que j'ai toujours voulu... C'est un terrible retour en arrière. C'est réalimenter ces larmes qui n'avaient plus coulé, c'est garder ma colère en moi pour ne pas me faire juger. C'est me sentir bien seule dans une vie que je ne maîtrise pas.

 

Je ne m'attendais pas à cette épreuve. Je ne me doutais pas que dans le deuil de mon premier enfant, je croiserais le deuil de l'enfant idéal pour accepter entièrement l'enfant suivant...

 

Et puis la peur s'est dissipée et les liens se sont créés. J'ai accepté de nouveau les choses, j'ai cessé de lutter. Je suis sortie de mon silence doucement et j'ai trouvé le même homme pour m'écouter. Ce Papa formidable qui a endossé mon rôle que j'ai longuement abandonné. Il m'a ramené sur la bonne route et m'a poussé à avancer. Il m'a mise au pied du mur et forcée à enfiler une bonne fois pour toute le costume de Maman !

 

Je suis née une nouvelle fois quand j'ai vu mon Petit bout d'homme devant son premier gâteau d'anniversaire. Une petite bougie et toutes les émotions ont explosées...

 

Mon rôle de Maman sur Terre continue sur sa lancée. Avec des doutes toujours et des moments difficiles mais je l'aime ce petit bout, il me rend heureuse et surtout il me fait aimer la vie que j'ai....

 

 

Seulement le deuil de son Grand Frère continue. 5 ans plus tard je me retrouve devant la date de son décès avec ces mêmes interrogations, cette même boule à l'estomac, ce même noeud à la gorge. Les larmes sont bien là, la tristesse aussi.

 

Et puis ça fait 5 ans. Pourtant une date n'arrive pas du jour au lendemain, je n'ai pas été endormie ces dernières années, je me suis pas réveillée un beau matin en me disant "déjà 5 ans". Non, je constate simplement ce temps qui passe. Je sens les souvenirs plus loin, même si je me raccroche toujours à des instants marquants et puissants. Il y a déjà des petits détails qui se sont échappés de ma mémoire, je sens le poids des années... Déjà...

 

 

Alors le voilà ce nouveau virage de ce maudis deuil !

 

Accepter, oui encore !! Accepter que le temps nous échappe, qu'il faut libérer encore un peu plus cet Ange que l'on veut retenir. Et là c'est mon coeur qui se serre comme le jour où Théo nous a quitté... Je ne suis pas prête à le voir s'envoler encore plus loin, je ne veux pas le voir s'éloigner encore plus... Mais est-ce que j'ai vraiment le choix ?

Le temps passe c'est une évidence, et avec lui tout s'envole.

Doucement, lentement... J'ai son visage qui devient moins net, j'ai ses expressions qui me paraissent moins évidentes. J'étais persuadée que je me souviendrais de tout, que Jamais je ne pourrais oublier un seul instant, j'avais même banni cette simple idée et pourtant...

 

Ça fait 5 ans.... Tout ne peut pas être aussi explicite qu'il y a quelques années. Le temps a fait son oeuvre, il a lissé ma peine mais il a aussi élimé quelques beaux souvenirs. Je peine de plus en plus à me rappeler. Bien sur ce n'est pas encore si loin mais je suis obligée de fermer les yeux pour le revoir, je suis obligée de ressortir quelques vêtements pour que son odeur envahisse à nouveau mon être, je suis surprise par son air si sérieux en regardant les photos et je me dis même "ah oui c'est vrai il était comme ça".

J'avais trouvé une certaine sérénité à voir le temps passer. Il n'en est plus rien. Je dois me chercher de nouvelles bases auxquelles me raccrocher, un nouveau moteur et une nouvelle source d'apaisement.

C'est une nouvelle quête qui s'ouvre devant moi.

 

5 ans déjà, 5 ans seulement...

 

 

 

Théo,

Comme m'a dit une mamange il y a quelques jours, je te laisse prendre ton envole d'encore plus haut, pour aller encore plus loin. C'est vrai, je n'ai pas le droit de te retenir à moi, je n'ai pas le droit de te garder égoïstement auprès de moi. Je pense qu'il est temps et pourtant c'est comme un deuxième au revoir.

 

C'est mon coeur qui s'emballe, c'est le vertige qui revient. C'est l'envie de m'effondrer, de mettre un genou à terre et m'avouer vaincue. C'est la spirale qui recommence, c'est le vide qui se creuse. C'est cette horrible sensation que tout me glisse entre les mains, que je ne peux rien retenir, que tu me quittes définitivement, que tu t'éloignes inexorablement.

 

 

5 ans plus tard je vais me coucher, repenser à cette nuit où tout a basculé, me poser les mêmes questions en boucle... Mais j'ai accepté maintenant de ne pas avoir de réponse, je me permets de croire que je ne suis pas responsable. Je ne sais toujours pas pourquoi tu n'es pas auprès de nous, mais je sais pourquoi aujourd'hui je ne suis pas auprès de Toi...

 

... Au bout du chemin de ma vie je sais que tu glisseras ta main dans la mienne et notre Histoire recommencera...

 

En attendant ce moment tu vas me manquer profondément, je vais t'aimer éperdument et penser à Toi chaque jour, comme je le fais depuis 5 ans !

 

 

Je t'Aime Théo

 

Pour tout ce que tu m'as permis de vivre à tes côtés,

Pour tout ce que j'ai appris à travers toi,

Pour tout ce qui me reste encore à vivre...

 

 

Merci !!

 

 

 


Commentaires

 

1. cat98  le 09-08-2010 à 06:16:07

bonjour
J'ai trouvé le lien vers ce blog sur le forum doctissimo et je me suis permise de lire ces textes magnifiques. J'ai beaucoup pleuré, beaucoup réflêchi, beaucoup appris. Je ne suis qu'au début du chemin: çà fera 4 semaines demain que notre fils Clément a fait une MSN. Après 2 jours de réa, il a rejoint les anges le 15/07. Il avait 20 semaines pile.
Merci et bravo. Bravo pour ces leçons de courage, d'amour et de vie. Bravo pour exprimer aussi bien les choses et pour les faire partager. Merci pour cette vérité, cette douleur, cet espoir que tu nous offres. Dans le tunnel où nous sommes, çà montre qu'il faut quand même avoir envie d'aller voir cette lumière au bout, même si le soleil ne sera plus jamais aussi chaud et rassurant qu'avant. Merci, merci, merci
J'espère que Théo et Evalyna guideront Clément parmis les anges
Catherine

 
 
 
posté le 01-05-2010 à 02:32:58

Joyeux anniversaire mon Ange : tu aurais 5 ans !

Mon Ange,

 

 

Malgré cette distance qui nous sépare, malgré cette Absence si lourde, je viens te souhaiter une Joyeux Anniversaire.

 

Ici le temps continue d'avancer, un nouveau tour de calendrier vient mettre en suspens notre vie pour une journée. La mémoire fait son travail, les souvenirs ressurgissent, la nostalgie me gagne, la douleur m'envahit.

Parce qu'à la magie de cette naissance vient se mêler la perte, le vide, ce deuil immense dans lequel je m'égards encore souvent.

 

 

Pourquoi tu n'es pas là, juste à côté de nous, souriant devant ton gâteau ? Pourquoi tu n'es pas dans nos bras, serrer tout contre nous pour ouvrir tes cadeaux ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi ?

Pourquoi cette douleur se ravive sans merci et nous replonge des années en arrières ?

 

 

Oui la naissance était magique, te rencontrer et te découvrir pour la première fois est un moment intense que je n'oublierai jamais, qui est gravé en moi et qui anime encore souvent cette fierté d'être ta maman... Mais c'est si peu de choses face à cette absence, face à ce silence qui me pèse et qui me bouffe... Ces dates anniversaires je n'arrive pas à m'y faire. J'essaie mais je tombe toujours plus bas. Je voudrais que ce soit différent mais je n'y arrive pas.

 

 

J'aimerais reprendre le flambeau et être cette épaule solide sur laquelle pourrait se reposer ton papa, être cette béquille de soutien qu'il a été pour moi. Mais c'est encore si dur de se tenir bien droit pour affronter ces dates sans vaciller. Je pense souvent y arriver, mais une fois que cette date s'affiche face à moi je ne suis plus rien, la douleur revient, la tristesse s'invite et mes volontés s'écroulent !

 

 

Je t'aime sans mesure, c'est sans doute ce qui

me tient sur terre. Je déteste devoir connaître cette vie de l'après, cette vie où des phrases toues faites nous assaillent chaque jour.

 

 

"Le temps panse les blessures", c'est vrai, mais le temps ne guérit jamais, la cicatrice se rouvre et nos coeurs s'écorchent encore souvent. Nous ne sommes que des coupures qui cicatrisent lentement.

 

 

"Il doit être fier de vous", mais de quoi notre fils peut-il être fier ? Notre rôle de parent n'est-il pas de veiller et protéger ? Nous avons faillit à notre rôle et nous ne faisons que survivre à notre enfant; on s'efforce de se reconstruire, tout d'abord parce qu'on est obligé de se tourner vers l'avenir pour ne pas sombrer, et ensuite par choix. Nous avons choisis de vivre la vie plutôt que de la subir, mais il n'y a aucune gloire à en tirer.

 

 

"Il faut tourner la page et avancer", cette phrase me donne la chair et poule et dans la bouche de mon mari c'est une trahison. Pourtant pour lui je suis certaine que cette phrase à un tout autre sens que le mien mais... c'est si dur de tourner une page qu'on ne veut surtout pas oublier et qu'on ne veut taire pour rien au monde. J'ai mon attachement aux dates, aux souvenirs. J'ai ce besoin vital et viscéral de parler, de prononcer encore son prénom. C'est tout ce qu'il me reste de mon enfant, des trésors impalpables qui me ressourcent et me permettent d'avancer. Je ne peux pas tourner la page, je ne peux qu'en écrire de nouvelles à la suite de ce premier chapitre. Notre histoire n'a de sens que si on la lit dans sa globalité. Je ne suis pas née en 2010, mon fils, mon Soleil n'est pas mon premier enfant, je n'ai pas été catapultée dans cette vie sans avoir rien accompli avant.... J'avance oui, mais je ne tourne pas la page, je n'oublierai Jamais !!

Je veux me souvenir de tout.

J'ai parfois besoin de me replonger dans les pires instants pour redécouvrir l'apaisement et retrouver un vrai sens a mon Existence.

 

 

Survivre à Théo est un apprentissage de chaque jour. La sérénité prend du terrain, la culpabilité recule peu mais ressurgit moins souvent. Il reste encore ces dates à apprivoiser, des anniversaires à traverser. Il faut trouver un sens aux événements pour pouvoir y résister. Il faut parfois se résigner à ne plus chercher d'explication et à vivre l'instant à l'état brut. Souvent ça fait mal, souvent je me heurte encore à cette douleur si intense. Elle me surprend toujours par sa force, je la sous-estime sans doute trop, j'ai la naïveté de croire qu'un jour je pourrais y faire face mais c'est seulement une utopie qui m'aide à tenir debout jusqu'au dernier moment.

 

 

J'apprends, je me questionne encore, je me torture surtout mais je tiens à vivre malgré tout chacune de ces dates. Sans lutter, sans tricher, sans me cacher... Seulement avec mon coeur de maman qui peut parfois puiser au loin pour relativiser encore et repartir jusqu'au prochain rendez-vous avec le temps...

 

 

Théo, du haut de tes 5 ans tu devrais certainement me raconter des tas d'histoires. Aujourd'hui je ne peux pas les entendre mais de ton petit nuage tu nous fait vivre un Destin vallonné de beaux et d'inoubliables moments.

Je t'aime mon Bébé, mon Ange,

Joyeux Anniversaire !

 


 
 
 

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