posté le 08-05-2009 à 21:51:53

Faire le deui de son enfant

Le deuil, un long fleuve...


Le deuil prend sa source au pied du choc, quand la vie connaît son plus grand bouleversement, quand tout chavire en une seconde. "La vie ne tient qu'à un fil", si seulement les gens savaient combien cette phrase est juste et pleine de sens, si seulement j'avais su avant... Mais on prend toujours conscience des choses essentielles quand il est trop tard. Le deuil nous a déjà happé et entraîné avec lui dans des flots de larmes... Notre Enfant nous a quitté...


"Tout est fini" c'est la phrase choc, celle qui reviendra en boucle dans les jours les plus sombres, celle qui s'immiscera jusque dans les journées où la vie semble reprendre son cours. C'est LA cicatrice impansable, pourtant invisible mais si destructrice. Elle est violente dans ces termes, nous amène et nous force à prendre conscience du changement... "Tout est fini" ne signifie pas seulement que la Vie de notre enfant s'est éteinte, elle signifie également que l'existence que nous menions jusqu'à présent s'achève aussi, que ce que nous étions hier ou même il y a quelques heures, n'existent plus... "TOUT" est fini ! Mais il faut un certain temps pour se rendre compte à quel point la blessure est grande et encore plus de temps pour la voir s'étendre...

L'état de choc dure quelques heures, quelques jours, selon les personnalités, pour nous le choc a duré une demie journée. 10 ou 11 heures plus exactement. C'est le temps qu'il s'est écoulé entre l'association des mots "Mort" et "Votre Enfant" et l'instant où nous retrouvons notre appartement sans Lui... Le choc dure le temps que l'on se voile la face. On aimerait qu'il dure toute une vie, la phase d'après est tellement plus inhumaine...


Parce que Oui il y a pire qu'entendre "Votre enfant est décédé", il y a pire que de le voir étendu sans vie... Le pire c'est de s'entendre soi-même annoncer la mort de son Enfant, et pire encore, c'est de ne plus voir le corps de son bébé... La douleur va crescendo pendant que notre moral, lui, s'enterre un peu plus... Le cauchemar commence réellement quand on se retrouve face à une Vie qui ne nous appartient plus : l'appartement qui nous renvoie l'image du passage de notre Bébé, le lit vide, les vêtements fraîchement lavés, les biberons secs et ceux à nettoyer... Puis il y a les courriers, ceux pour nous féliciter suite à la réception du faire part envoyé avec deux semaines de retard, ceux des publicités qui nous offrent des bons d'achats pour tester des produits de puériculture... Il y a ces gens que l'on croise et qui nous demande des nouvelles de notre Petit Bout, et à nous de leur répondre qu'il est au cimetière, six pieds sous terre et qu'on ne sait pas pourquoi... Annoncer encore et encore la nouvelle me fait la même sensation que d'ingérer un aliment que je déteste par dessus tout, sauf que c'est la mort de mon fils que je ne digère pas et que ça c'est définitif...


Irrémédiable, incontournable, insurmontable... J'ai cherché des solutions pendant des nuits entières, je me suis creusée la tête et abîmer l'esprit en essayant de trouver une solution, ce n'est pas possible, il y avait certainement quelques chose que je puisse faire pour changer le cours des choses, forcément... Mais j'en revenais à ces mots : Définitif, irrémédiable... Des mots qui nous renforcent dans notre profond chagrin et qui nous mettent sur les frontières de la folie... C'est une douleur à hurler que de se savoir impuissant et démunis de tout... C'est indescriptible... Mais ces longues nuits qui ont suivi le "choc" je me suis retournée dans mes draps des centaines de fois, j'ai refais ma vie avec des Si, j'ai cherché les erreurs, je me suis même dit "et si ce n'était qu'un rêve?' Mais comment aurai-je pu seulement imaginer un tel cauchemar ? C'est impensable, mon conscient n'acceptait déjà pas les choses alors comment l'inconscient aurait-il pu monter tout cela de toute pièces ? Malgré tout on espère que pendant notre sommeil la normalité va revenir. Malheureusement on ne dort pas, on compte les heures qui commencent à nous séparer un peu plus de notre Enfant, et on se rend compte progressivement de la dimension du mot "définitif". Quoi que je fasse et quoi que j'imagine la réalité reste la même, je dois apprendre à vivre sans Lui ou... ou alors je dois mourir. Le choix est restreint et toutes les possibilités ne sont pas aussi tentantes...


Mon choix premier n'était pas d'accepter l'inacceptable, j'avais choisi la voie la plus simple et la plus directe sauf que là encore je me suis retrouvée devant mes limites. Mon fils est mort alors qu'il ne demandait qu'à vivre et moi je dois rester ici contre mon gré... Alors il faut se résigner à défaut de pouvoir se rebeller...


Petit à petit son prénom se fait moins entendre, je parle de Lui en employant ce mot qui rassure tout le monde : Ange. Si je parle de mon Enfant au présent les regards en face de moi se font inquiets et soupçonneux, dans leur esprit je sens l'interrogation, certains me reprennent même en me disant "non était, Il était..." au cas où j'oublierai qu'Il n'est plus... Alors on se plie déjà à conjuguer les verbes au passé, ça peut paraître anodin pour n'importe qui, mais parler de l'incarnation de son futur au passé est une épreuve terrible qui nous met une fois de plus devant les faits !

Chaque jour on a besoin de témoigner, prononcer ce prénom qui nous est si cher, si tendre, décrire ce Petit Homme empli d'amour, parler encore et toujours pour ne pas qu'il tombe dans l'oubli, regarder les photos, les user du regard pour ne pas voir son visage s'effacer... Et ce dire que tout "ça" c'est du passé...


Accepter, adopter son deuil qui est un compagnon forcé. On peut se révolter contre lui et tenter de le nier, on peut lutter contre lui pour essayer de l'abattre, on peut le cacher pour le rendre discret... le deuil se laissera faire silencieusement jusqu'à son prochain réveil qui viendra nous rappeler que pour l'instant c'est lui qui tient les rênes de notre vie et que malgré toute notre énergie à le repousser il va falloir faire la paix avec cet inconnu chargé de tristesse et d'incompréhension...

Le deuil m'accompagne dans tous mes faits et gestes, il est ma pensée, ma réflexion, ma distraction. Je me couche avec, il perturbe mes nuits et je me lève avec.. Fatiguée et lassée mais il faut continuer... Pas par courage comme la plupart des gens l'imaginent, simplement parce qu'on est résigné... La vie est ainsi faite, j'ai connu le bonheur, je connaîtrai maintenant, non pas le malheur, mais l'absence et le manque de ma source de bonheur.


Il y a quand même des moments répits, toujours trop courts, où notre Bébé est près de nous, on sent son Amour qui nous porte et qui nous guide, on ne sait pas pourquoi mais on sourit parce qu'on se persuade qu'il préfère ça aux larmes. Dans ces moment-là on ne trouve plus la vie injuste, non on la trouve belle malgré tout parce que malgré toute notre peine on a connu le pur Bonheur et on a enfin trouvé la définition des mots les plus simples : joie, bonheur, amour... C'est quand on a tout perdu que l'on imprègne le vrai sens des choses... C'est traître mais enrichissant, plein de leçons que l'on oubliera jamais c'est certain... "Tout est fini" oui tout est fini, mêmes les futilités qui nous parasitent l'existence, même ces gens que l'on pensait proche, même ces plaintes qui sont au final si peu de choses... Quand on commence à apprendre et à tirer des leçons de notre Maître Deuil, on commence à retrouver le contrôle de notre vie, à admettre que ces gens désenfantés et amputés d'une Vie c'est bel et bien nous et pas seulement des pantins qui subissent les épreuves les unes après les autres sans pouvoir rien faire...


La Vie reprend donc lentement son cours. Une voie fragile qu'il est facile de quitter... On s'égare encore souvent dans les fossés pour imaginer notre vie, si je m'étais levé plut tôt, si je n'étais pas allé travaillé, si je l'avais couché plus tard.. Si... On trébuche encore souvent sur des bouts de phrases qui viennent heurter notre si fragile équilibre, des parents qui se plaignent que leurs nuits sont trop courtes parce que interrompus dans leur sommeil ils sont fatigués, ... Je me serais coupée en deux pour vivre des nuits blanches et la varicelle, des coliques exténuantes et des séparations d'une nuit... Croiser des familles heureuses sur les voies de notre reconstruction fait résonner tout au fond de nous notre plus grand échec : celui d'avoir failli dans notre rôle de parents et d'être aujourd'hui privé de celui à qui on a transmis la vie. Même si le deuil avance et que le temps passe il y a toujours ces pensées qui rôdent et qui finissent par ranimer la source des larmes qu'on croyait pourtant asséchée tant notre corps s'en était vidé.


Jour après jour on avance, on profite différemment mais à coup sur plus intensément que n'importe qui d'autre. Tout paraît plus simple parce que débarrassés de nos angoisses inutiles on se pose moins de questions. Plus grand chose ne nous fait peur, après avoir connu la mort de son enfant, notre propre mort serait finalement acceptée comme un cadeau... Même si les attaches ici renaissent, il y aura toujours quelqu'un ailleurs que l'on est tenté de rejoindre. On flirte encore avec la folie quand notre corps tout entier réclame cet enfant disparu, quand nos mains pleurent la douceur de sa peau, quand nos bras s'ennuient du poids de son corps, quand nos yeux pleurent de ne plus le voir... Sans compter toutes ces choses qu'on pensait avoir le temps de voir venir et qu'on passera le restant de notre Vie à voir s'évanouir. L'esprit devient fou quand l'instinct animal de notre corps n'est pas satisfait et quoi de plus instinctif pour des parents que de pouvoir sentir, toucher, consoler et protéger son enfant ?


Le temps passe c'est certain, j'apprends chaque jour à vivre sans subir, mais le temps ne m'apprend pas à me sevrer de ce lien physique qui me manque cruellement. Le deuil ne me dit pas comment je dois faire quand je suis en état de manque et que ma raison ne trouve rien de sensé pour le calmer. Et malgré le temps qui passe je me demande encore pourquoi il n'est plus là ? Au nom de quoi je dois vivre sans lui ? Qui ou quoi décide un jour qu'une vie doit s'arrêter ? Qui a inscrit dans les veines de mon fils qu'il s'envolerait au bout de 31 jours de vie...


Le temps et le deuil ne me disent pas où est Théo et ce qu'il devient.... J'ai décidé d'apprendre les grandes leçons que nous enseignent le deuil simplement pour ne pas plier sous le poids des interrogations.

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posté le 08-05-2009 à 19:28:20

Evalyna, Notre Petite Fée

Le 25 mars 2006, il est à peu près 19h avec ton papa on était en train de parler de nous, de toi...On commençait juste à se projeter dans l'avenir avec toi ma puce, il y a 15 jours on apprenait que tu étais une fille et ton prénom était tout trouvé, ca sera Evalyna... un si doux prénom pour un si bel espoir...

Depuis le début j'ai comme un mauvais pré-sentiment...mais je me dis que le décès de Théo a laissé en moi un énorme doute et tant que je ne te verrais pas, je n'oserais jamais croire à notre avenir à tes côtés..Et le cauchemar recommence...

 

 

Je sens du liquide couler entre mes jambes...au fond de moi je sais que c'est la poche des eaux, mais les yeux de ton papa et mon coeur de maman veulent encore se raccrocher à un petit espoir... Ton papa m'enmène très vite à la maternité, je commence à ressentir quelques contractions mais je ne veux pas encore me résigner..il faut que je respire, que j'essaie de me détendre, je pense à Théo, me dis que ce n'est pas possible, que la foudre ne tombe jamais deux fois au même endroit, que les médecins vont nous dire qu'on a paniqué pour rien.

A 19h30 on est à la maternité. Je me présente à l'accueil, mes jambes tremblent, je tiens à peine debout, j'ai peur de ce qui peut arriver... J'explique rapidement à la sage femme mon gros doute, elle me demande mon terme, je répond "19 SA" et son visage laisse paraître un tracassement... Je sais déjà ce qu'elle pense, mais je ne veux pas encore y croire...pour ton papa j'essaie de faire semblant..

 

 

On m'installe dans une salle, on me fait un prélèvement et notre angoisse est concrétisée : "c'est bien du liquide amniotique" mais on ne nous dit rien de plus. On me fait une écho et l'angoisse me reprend !! Je ne supporterais pas de voir mon bébé sans vie à l'écran, je ne peux pas !! Je tourne la tête pour ne rien voir mais j'entends le plus beau son qui existe !! Le coeur de mon bébé !! La sage-femme nous explique que notre bébé va bien pour le moment mais qu'il reste très peu de liquide amniotique ! On doit attendre que le gyneco arrive pour en savoir plus...

 

 

En attendant nous sommes seuls, on ne sait pas si on a encore le droit d'espérer ou si le sort à déjà jouer sa dernière carte pour notre bébé d'amour !! Et la nature reprend ses droits... les contractions qui étaient faibles commencent à me faire mal, et s'intensifient !! On me pose une perf pour les stopper en enspérant que ca marche ! Je ne sais pas comment on fait pour ne pas craquer... avec ton papa on va te parler, te dire que tu dois t'accrocher, qu'on ne veut pas te perdre !! A 21h les médocs font effets, je n'ai plus de contractions !!

 

La gynéco arrive et me refait une écho pour voir l'évolution!! Ma petite puce, tu es toujours là, blottit au fond de mon ventre, tu bouges très peu, ton coeur bat mais le liquide est inexistant, tu vis sur tes réserves et on te voit très mal... Mon coeur se serre, j'ai l'impression de sentir ta souffrance, c'est dur de te voir comme ca... On nous explique alors que pour le moment on va attendre, le liquide amniotique peut encore se renouveler, mais qu'on doit être conscient que les membranes de la poche ont totalement rompues et que les espoirs sont minces... Ils repasseront dans la soirée pour le suivi...

 

On se retrouve de nouveau seuls, assomés par la nouvelle...Ton papa se rend compte peu à peu que notre vie bascule une nouvelle fois, je peux enfin lui dire que moi je n'y crois plus, que je suis désolée de ne pas savoir garder notre bébé au chaud et en sécurité... Alors on recommence à te parler. On te parle des espoirs que tu nous as donné, de ton grand frère, de notre amour... Je ne sais plus quelle heure il est quand l'équipe de nuit passe nous voir... nouvelle écho : c'est toujours la meme peur qui me prend aux tripes, je ne supporte pas de ne pas savoir ce qu'il se passe en moi... et si tu étais morte sans que je te sente partir ?? Mais non tu es là, ton coeur bat très vite... est-ce un signe de souffrance ?? on ne répond pas à ma question.

Le médecin s'asseoit en face de nous et avec un air grave il entame son discours... Ce qu'il me dit je ne veux pas l'entendre, je pose la main sur mon ventre et je te sens taper, c'est magique...Mais les mots sont toujours plus forts que les gestes : il n'y a pas d'espoir, le liquide est perdu au fur et à mesure, la poche ne se colmate pas, et il faudra que j'accouche... Je le savais mais je ne voulais pas y croire, ton coeur bat, je ne peux pas te laisser souffrir...Le médecin nous laisse et la tristesse nous envahit...

Ton papa est tellement triste de voir ses reves s'envolés, il avait commencé à préparer ta chambre, il s'était creuser la tête pour te trouver un beau prénom ! La veille encore il me disait qu'il serait possessif, que les garçons ne t'approcheraient pas tant qu'il serait là pour y veiller ... Il y croyait tellement !

Pour nous la décision s'impose naturellement, nous t'accompagnerons jusqu'au bout, avec tout notre amour, mais nous ne voulons pas que tu souffres ! Les médecins nous ont dit que tu allais commencer à souffrir sans liquide, et que les séquelles seraient très importantes !! On ne veut pas te sacrifier pour notre bonheur !! On veut que tu sois bien, que tu sois libre...

On demande aux médecins de nous laisser tranquille pour le reste de la nuit, les échos ne servent plus à rien... On va passer la nuit à te parler, ton papa se colle juste au-dessus de mon ventre et te souffle des mots d'amour, les larmes coulent sur ses joues et j'essaie de le consoler, de rester forte comme il l'a été pour moi après le décès de Théo... Petit à petit on te prépare à nous quitter, le monde que tu vas rejoindre est un monde où le temps n'existe plus, où il fait toujours beau, où les enfants rient, où les gens sont heureux... Tu seras bien, ton frère prendra soin de toi !! On essaie de se convaincre nous-mêmes de ces belles phrases...

On le sait tu dois nous quitter, et on est en quelques sortes "soulagés" de pouvoir te dire au revoir, ces moments-là nous ont été volés pour ton grand-frère, alors grâce a toi ma petite puce, je peux dire à Théo tout ce que j'aurais aimé lui dire, et je me sens presque appaisée. On ne ferme pas l'oeil de la nuit, on vit les choses à distance, comme si nous n'étions pas directement concerné par ce cauchemar... Dans les salles à côté j'entend des bébés pleurés et j'imagine le bonheur des nouveaux parents...

 

Pourquoi est-ce que c'est si dur pour nous de faire des parents heureux ??

Pourquoi porté la vie se termine toujours par porter le deuil ??

J'ai une haine qui grandit en moi, je suis en colère mais contre qui ou quoi ?? C'est ridicule!!!

 

 

A 6h les contractions reviennent, je n'ai plus de perf, c'est inutile ! Mon corps ne cherche plus à lutter, je me résigne à ce nouveau coup du sort... Un peu plus tard dans la matinée la sage-femme vient nous voir, elle me tend un comprimé et m'explique que c'est pour accélérer le travail puis elle s'en va!!

Tout va s'arrêter comme ca alors ? Ton papa ne comprend pas qu'il n'y ait pas de nouvelle écho, il te sent bouger et se demande coment la suite va se dérouler... Il sort chercher le gynéco.

 

 

En attendant je me décide à prévenir mon etourage ... ma mère sera odieuse comme à son habitude, mais les autres essaient de me donner de l'espoir. Personne ne sait vraiment ce qu'il se passe et tout le monde croit qu'il y a encore un espoir et que dans quelques jours tout rentrera dans l'ordre..

Ton papa revient avec le gynéco et le médecin nous explique que les contractions seront trop fortes pour que tu naisses en vie !! Mais ce n'est pas ça notre angoisse, si tu ne peux pas naitre en vie ca veut dire qu'on va te laisser souffrir jusqu'à ce qu'un contraction "t'achève" ? C'est impossible à imaginer, je ne veux pas, je refuse cette idée !!!Devant notre désarroi le gynéco nous dit qu'il va repasser...

J'avale tout de même mon comprimé, je n'en peux plus, je veux que tout se termine, qu'on me libère pour que je puisse rentrer et continuer ma vie ! Les contractions sont de plus en plus fortes, le gynéco revient et nous explique qu'on va t'endormir avant que tu "naisses" pour t'éviter de nouvelles souffrances ...

 

 

Je veux être seule avec ton papa, la réalité me revient en pleine face, on ne peut plus ne pas comprendre ! Notre Bébé Espoir est en train de s'envoler, ce n'est plus qu'une question de temps ! On ne veut plus rater un seul moment avec toi, pour moi c'est surment la dernière fois que je porte un enfant, je ne pourrais jamais recommencer après ca !! On m'avait promis que le bonheur arriverait et je perd mon 2ème bébé...

Je carresse mon ventre, je te dis que je t'aime, que tu as changé ma vie. Tu nous as rouvert les yeux un court instant sur l'avenir !! A 16h on me pose la péridurale, ces contractions me font un mal de chien et m'empeche de "profiter" des derniers moments...

 

 

Un médecin rejoint l'anesthésiste dans ma chambre et me dit qu'on va y aller... Ca y est ma puce on doit se séparer... Ton papa embrasse mon ventre, je te sens toujours bouger en moi, c'est tellement dur de s'imaginer la suite.... On m'enmène à l'autre bout du couloir, je rentre dans une petite salle, le médecin tente de nous consoler en nous disant que notre bébé n'aurait aucune chance de survivre, qu'on a fait le bon choix... Je pose mes mains sur mon ventre, à l'intérieur de moi tout s'enmêle, j'aimerais me lever et m'enfuire, j'ai envie d'hurler, de me réveiller... je répète sans cesse "je t'aime Eva, je t'aime ma puce, pardonnes moi..."

L'injection est passée...je suis de retour dans ma chambre, le coeur plein de larmes.. Le gynéco revient, aucune mot ne sera échangé, il me fait une dernière écho et je l'entends simplement dire que "tout est fini"... est 16h35 quand ton grand frère est venu te prendre par la main.

 

 

Cette phrase a l'effet d'une bombe en moi, elle me renvoie sans détour au décès de notre Théo, je revois les pompiers dans mon salon et le médecin du SAMU nous dire "tout est finit". Je m'écroule dans les bras de ton père !! Pourquoi nous ?? Pourquoi encore nous ??!! Je n'avais pas encore pleuré depuis le début mais là je ne peux plus m'arrêter, je voudrais mourir, si on pouvait mourir de tristesse, j'aimerais que la mort vienne me chercher !! Je ne veux plus vivre sans mes bébés, je ne veux pas recommencer le chemin du deuil, je veux être en paix !! Mais je ne peux pas partir, je l'ai promis à Théo...et j'aime tellement ton papa...

 

 

Maintenant il faut que j'accouche... En avançant jusqu'à la salle je me rappelle que quelques temps auparavant je venais ici pour donner naissance à notre premier bibou d'amour, on était tellement innoccents à cette époque là... Je demande alors à ton papa de sécher ses larmes, c'est Evalyna qui est morte, pas nous !! On doit lui faire honneur une dernière fois, notre bébé, notre enfant naitra dans la douceur, dans la tendresse, mais pas dans la tristesse !

 

Il y a trop de personnes autour de nous, je demande à être plus tranquille, il reste seulement une sage femme dans la salle..c'est une femme très douce qui accueillera notre princesse...

Pas besoin de pousser, nous sommes le Dimanche 26 mars 2006 à 18h18 quand tu nais sans vie...La sage femme t'enveloppe rapidement dans une serviette et t'enmène. Ton papa ne peut pas retenir ses larmes et moi je reste très en retrait par rapport à tout ca !

 

 

La sage femme revient et nous demande alors si l'on veut te voir. Pour nous il est naturel de te rencontrer même si j'appréhende un peu. Et si mon bébé me faisait peur ?? On me fait d'abord quelques soins puis on te présente à nous... La sage-femme arrive avec un linge blanc dans les bras et me demande si je veux te porter, mais je ne m'en sens pas capable... Elle te dépose dans les bras de ton papa et c'est un moment inoubliable...

Ses mains paraissent immenses à côté de toi, ton visage est parfait, tu ressembles à ton papa, tu as les traits fins, tu es magnifique....

 Je n'oublierais jamais ton visage détendu... tu as l'air sereine et ca m'appaise, on aura au moins réussit ça pour Toi... Ton papa t'embrasse, recompte tes petits doigts comme il le faisait à chaque écho, il te répète 20 fois qu'il t'aime et il te remercie... Il se lève, s'asseoit à côté de moi et te déposes dans mes bras, je resserre mes mains sur ton tout petit corps, je me rends compte de ta petitesse, tu mesures 18.5cm pour 249g !! Tout est parfait, de ton nez à tes doigts en passant par tes lèvre et tes petits pieds...!!

 

 

Je ne vois plus le temps passé mais il est déja l'heure de nous quitter... je n'ai plus rien à te dire ma princesse, tu sais tout l'amour que j'ai pour toi, tu connais l'immense bouleversement que tu as fais dans ma vie!!! Tu peux etre sûre que jamais je ne t'oublierai, chaque partie de ton corps est imprégné dans mes pensées...

On t'embrasse une dernière fois en essayant de faire durer ce baiser le plus longtemps possible... ce sera le dernier... Je referme le petit linge blanc sur toi, je lache tes petits doigts et les couvre sous la serviette... La sage femme revient te chercher... elle t'enmène loin de nous... on pleure, on te pleure Evalyna...

 

Notre coeur est lourd mais appaisé d'avoir pu t'accompagner comme on le voulait.

 

Evalyna nous a appris que l'on ne pouvait avoir aucune emprise sur la mort, mais que l'on peut contrôler tous les moments de la vie et profiter de chaque instants comme si c'était les derniers !! Un Ange ne part jamais sans raison, notre puce nous a offert une très belle leçon de vie que jamais je n'oublierai...

 

Je ne veux pas cesser de pleurer mon Ange car c'est un besoin vital pour moi, j'ai besoin de me souvenir que chaque instant partagé avec les gens que j'aime sont des cadeaux !!! Après Théo, après Evalyna je sors grandis mais pas sans séquelle de toute ces épreuves.

 

Je sais que l'homme que j'aime est le seul que je pourrais aimer, je sais qu'un jour je serais de nouveau maman parce que je l'ai promis à mon Ange. Théo et Evalyna sont les fruits de notre amour!! Jamais je ne vous oublierais...!!

 


Commentaires

 

1. caverne-aux-gifs  le 08-05-2009 à 21:29:12  (site)

Je vous souhaite la bienvenue sur vefblog
Excusez moi du dérrangement
si vous désirez des gifs ,fond écran ou autre
alors venez vite dans ma caverne
et servez vous mes amis
amitié gégé

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2. marinou16 de docti  le 01-12-2010 à 20:13:35

J'ai tellement mal pour vous, ça peut sembler idiot vu qu'on ne se connait pas...mais j'ai mal pour votre famille, il y'a deux anges de trop... c tellement injuste...je suis mamange aussi et j'ai cru mourrir de chagrin aussi, quand ma puce est partit.
je vous souhaite le meilleur!

amitié
biz
céline

 
 
 
posté le 08-05-2009 à 18:44:33

Théo, notre Premier Amour, notre Premier Ange

Retour sur cette journée qui a tout fait basculer...


Le 1er juin 2005 commence comme toutes les journées, a 7h30 Théo se réveille pour son premier biberon, son papa qui ne travaille pas ce matin là prépare le bib et lui donne...

L'heure tourne, nous sommes attendus chez mes parents, Olivier donne le bain rapidement à Théo, notre petit bout adore l'eau et il commence à nous sourire!!


A midi nous arrivons chez mes parents, mon papa tout gaga de son ptit fils lui offre une très belle peluche, un joli petit lapin que Théo adopte tout de suite, et pas question de lui retirer des mains, sinon il nous fait une grosse colère...


La journée se passe plutôt tranquillement, vers 18h Olivier (mon mari) reçoit un coup de téléphone, son collègue lui demande de prendre sa garde... Bref à 19h on doit rentrer, Théo est fatigué et son papa doit travailler... On fait de gros bisous à mon papa, je dis aurevoir a ma mère et on rentre chez nous.


Théo s'est endormit dans la voiture, Olivier prépare le repas, pendant ce temps là je regarde mon bébé dormir, il a un mois aujourd'hui... je suis tellement fière de mon fils, depuis qu'il est né je me sens vivante, j'ai envie de lui crier des "je t'aime" à longueur de journée, je ne peux pas m'empecher de le toucher... comme si sa présence était un rêve...


Vers 21h Théo se réveille, son papa s'empresse de caliner pour faire patienter un peu le dernier biberon... c'est peine perdu, l'estomac de notre bibou crie famine...


A 22h Olivier part travailler, c'est parti pour 24h... il fait d'énormes bisous a son filston, lui promet de rentrer très vite, qu'il lui manque déja...

Je couche Théo dans son transat, il est calme et paisible... j'en profite pour prendre ma douche, je fais un peu de rangement, nettoie tous les bibs qui trainent dans l'évier...


La journée a été longue et je décide d'aller me coucher...


Comme tous les soirs avant de dormir, je prend mon ptit bout contre moi, je le laisse s'endormir au contact de ma peau et je le couche dans son berceau a côté de mon lit...


A 3h30 du matin je me réveille angoissée, Théo n'a pas réclamé son bib alors qu'il le fait toujours, je jette un oeil dans son berceau mais il a l'air de dormir profondément... si j'avais su...


Je ne sais pas pourquoi mais je suis inquiète... je saute de mon lit et me penche au dessus de Théo, je lui parle mais il ne bouge pas... la peur me saisit... je pose ma main sur son visage pour lui tapoter la joue mais il ne se réveille pas...

Mon Dieu mon fils a fait un malaise, je ne veux pas encore croire au pire....


Je prend mon fils dans mes bras et j'appelle les pompiers de ma fenêtre (je vis en caserne) dans la minute qui suit une équipe débarque dans mon salon, je leur confie mon fils sans un mot, je suis choquée, extérieure a tout ce qu'il se passe... Je vois mon tout petit bout allongé sur le sol, j'essaie de saisir une impression dans le comportement des pompiers mais je ne comprend pas ou plutôt je ne veux pas comprendre....


Le SAMU arrive très vite après et quand je les voit je comprend toute la gravité.... Oh non mon fils, mon bébé, il ne peut pas partir, pas comme ca... Je demande au médecin de faire tout ce qu'ils peuvent pour me le rendre !!!


Mon mari qui est revenu entre temps d'une intervention a appris qu'il se passait quelque chose chez lui, quand il rentre dans le salon il me regarde sans comprendre... J'aimerais lui dire ce qu'il se passe mais je n'en sais rien...


Un médecin du SAMU lève son regard vers nous, l'air désolé... je n'oublierais jamais ce regard... Je dis à mon mari de faire quelque chose, je le supplie de réanimer notre enfant, je ne comprend pas pourquoi il refuse, pourquoi est-ce qu'il le laisse comme ca alors qu'il a fait ca tant de fois avant??


A 4h08 notre vie bascule en enfer... "C'est finit on arrête tout, je suis désolé mais votre enfant est décédé" ...

Si toute la tristesse qui m'envahit à ce moment là aurait pesé sur mon corps je me serais enfoncer dans le sol.... Je m'effondre à côté de mon tout petit bébé, je voudrais m'enterrer, j'ai mal.... terriblement mal...


Les pompiers qui sont aussi des amis quittent petit à petit la pièce, les yeux brillant de larmes....


Mon mari s'asseoit par terre juste à côté de moi mais je lui en veux tellement.... (Je regrette beaucoup cette réaction aujourd'hui)...


Le médecin du SAMU veut me donner un calmant mais je refuse, je veux qu'on me laisse tranquille, je veux mourir, je veux hurler, je veux pleurer et ne plus m'arrêter...


Je demande à prendre mon fils dans mes bras... on lui enlève ses petites électrodes, mais jusqu'au dernier moment je regarde le scope en espérant fort que son petit coeur recommencer à battre.... je pleure, je pleure...


On me dépose mon petit bout dans les bras, il est tout pâle et froid... Je le serre contre moi mais sa peau ne se réchauffe pas... Je lui parle, je lui demande de se réveiller, "maman t'aime mon petit coeur, tu ne peux pas me laisser comme ca..." cette phrase je la répète encore et encore... et je la prononce toujours aujourd'hui....


Mon homme ouvre grand ses bras et nous enveloppe tous les deux dans une couverture... Nous vivons nos derniers instants à 3 ...


Il est presque 7h quand une équipe de la police arrive chez nous, je ne réagis plus à rien, je sais que mon bébé va m'être enlevé, il faut l'enmener à l'hôpital...


Avant la police veut nous parler mais je refuse, je ne comprend pas le but de leur visite...comment osent-ils nous déranger maintenant? Mon mari leur demande de sortir mais ce n'est pas comme ca que les choses se passent...

On me demande de bien vouloir les suivre dans la cuisine avec mon mari... Je ne peux pas me résigner à laisser mon Bébé mais je n'ai pas le choix, c'est horrible, je suis forcé de le laisser...


Un médecin tend les bras et me promet qu'il le garde avec lui, qu'il l'enmène simplement dans l'ambulance et qu'il ne partira pas sans nous...

Je suis les policiers dans ma cuisine sans lâcher Théo du regard...


On nous informe alors qu'une autopsie sera réalisée sur notre tout petit bébé... Olivier refuse et moi aussi, j'ai envie de vomir en pensant a ca, il faut que je sorte, il faut que je me réveille, je suis en plein cauchemar c'est pas possible, je vais me réveiller et voir mon Théo me sourire, ca ne peut pas être autrement...


Mais la suite des événements finira par me faire comprendre que c'est bien la réalité...

Une série de questions nous est posée, on passe d'un statut de victime à celui de suspect... j'aimerais tellement qu'ils m'embarquent pour être punie... mon fils est mort et je n'ai rien pu faire... Un des policier me dit que c'est une simple enquête mais qu'en aucun cas nous étions accusé... malgré tout la culpabilité s'installe et elle ne nous quittera jamais plus....


Je ne sais plus quelle heure il est quand je descend rejoindre Théo dans l'ambulance... je me revois encore traverser la cours, je ne vois plus rien de l'extérieur, mes seules pensées sont pour mon fils et même là tout s'enmêle... On croise un ami à Olivier qui me demande ce qu'il se passe... On ne peut rien répondre, je ne peux pas mettre de mot sur ce qu'il vient de se passer... je n'en ai pas encore totalement conscience....


Arrivée à l'hôpital l'ambulancier recouvre le corps de mon enfant, je lui demande ce qu'il fait... il n'a pas le droit de faire ca, comment est-ce qu'il va respirer mon bonhomme? Olivier tente de me calmer par tous les moyens mais rien y fait, l'image de mon fils manquant d'air m'est insupportable....


On traverse tout de même l'hôpital comme ca, tout mon corps tremble, j'ai tellement peur de ce qui va se passer...


Le décès est confirmé à l'hôpital et à chaque fois qu'on associe le mot "mort" au prénom de mon bébé je m'enfonce un peu plus dans le sol, je m'enterre petit à petit, je meurs avec mon enfant, je perd complètement pied et aucune voix n'est assez forte pour me ramener à la réalité....elle est trop dure ma réalité...


Mon fils est mort, je n'ai plus rien...


Nouvel interrogatoire du médecin, avec beaucoup de tact, mais chaque réponse me demande énormément de concentration, en même temps j'essaie de comprendre ce que j'ai mal fait, ou est la faille, je cherche, je creuse, je refais 100 fois la nuit dans ma tête mais je ne comprend pas....!! Il allait bien mon bébé, il était parfait!! Il doit y avoir une erreur, on ne parle pas de mon fils là...


Une psychologue rentre dans la salle et nous demande si on veut voir notre bébé, elle nous explique que ces derniers moments sont très importants...


On se lève et on suit cette femme qui nous guide vers notre bébé, une seule chose revient en boucle dans ma tête, "mon bébé est tout seul" il faut qu'on se dépêche...

On arrive devant une porte, un petit panneau indique "ne pas déranger".


Mon mari me prend la main et on rentre dans la pièce, le silence est lourd, l'absence de réaction de Théo est terrible... Je m'asseois à côté de son lit, je le regarde mais je ne reconnais pas mon enfant, il a l'air triste et fragile, ce n'est pas mon petit garçon...

Son papa s'installe sur le lit, enveloppe Théo dans le drap et le serre fort contre lui... les larmes coulent le long de ses joues, pas un mot ne sort... Le silence fait désormais partie de notre vie...


L'heure continue de tourner pour les autres mais pas pour nous, le temps est figé, je ne veux plus sortir d'ici...

Vers 11h30 midi la psychologue revient nous voir, elle nous dit de rentrer chez nous pour qu'on se repose un peu... On pourra revenir dans l'après-midi pour apporter des affaires à notre petit homme...


Il faut qu'on se sépare une nouvelle fois de notre enfant, le déchirement est toujours plus dur... je m'imagine que c'est peut être la dernière fois que je peux le toucher et j'angoisse à l'idée de ne jamais le revoir!!


On retraverse le couloir de l'hôpital, on ne voit plus le monde qui nous entoure, comme des machines on se dirige vers les portes de sortie, un ami à Olivier est là pour nous raccompagner...


Je m'asseoit sur un banc, je n'ai plus la force d'avancer... je me sens vide, vide d'amour, vide de larmes, vide de force et vide de vie... je me sens mourir, plus je m'éloigne de mon bébé, plus la vie me quitte... J'ai froid, même le soleil ne parvient pas à me réchauffer !! Je veux mon bébé, rendez-moi mon enfant !!


Le regard d'Olivier est déjà vide, je ne vois chez lui que du désespoir et des larmes...


On nous raccompagne à la caserne, sur le chemin je vois des mamans avec leurs enfants, je vois des familles heureuses qui se balladent... j'envie tout ce bonheur! Moi aussi je devrais le sourire et me promener avec mon fils...


La voiture s'arrête, quelques collègues à Olivier sont dans la cours et nous voit arriver... personne ne sait quoi dire... je les remercie pour ce silence...


J'avance dans le hall de l'immeuble, Olivier me rejoins dans la minute... On monte dans l'ascenceur et on se retrouve devant notre porte...


Il y a toujours ce silence pesant, le bruit des clés résonne, chaque geste est une étape...


Il suffit de pousser la porte pour se prendre toute la réalité en face... Tous mes efforts pour nier la vérité sont anéantis en 2 minutes...


Olivier avance et s'entrave dans le transat qui est resté au milieu du couloir, c'est àce moment-là qu'il tilte réellement... Plus jamais Théo ne dormira dans ce transat, plus jamais il nous fera rire avec ses grimaces, plus jamais nous seront émus devant ses sourires... plus jamais nous ne reverrons notre enfant vivant!!


J'enlace mon mari, sans mot... il n'y a rien à dire... Je pleure toutes les larmes de mon corps, moi aussi je veux mourir...mon mari mêle ses larmes aux miennes, c'est tout ce qui nous unis maintenant...


Et de nouveau la réalité fait surface, le téléphone sonne... c'est un acte banal, mais dans ces cas-là il nous rappelle que la vie continue pour tout le reste du monde...


Je décroche et je tombe sur ma mère, elle me demande si je vais bien, si Théo a bien dormis cette nuit....

"Non maman ca ne va pas du tout, Théo n'est plus là... il est mort maman"... je n'ai pas voulu choisir les mots pour annoncer la nouvell à ma mère... si mon père m'avait appeler les choses auraient surement été différentes... mais voilà... j'ai enfin posé les mots sur une nuit de cauchemar, mon fils est mort....


Je raccroche le téléphone sans un mot, je retourne a ma seule activité...pleurer et encore pleurer... je découvre la difficulté que sera la vie sans mon fils...et je me doute pas encore que l'horreur n'est pas finie...


Ma meilleure amie qui est aussi ma voisine a su ce qu'il c'était passé... c'est elle qui s'occupera de répondre au téléphone et de gérer les visites imprévues...


En attendant je tourne en rond dans mon appartement, je change de pièce mais la torture est toujours la même, dans mon évier les biberons tout propre de la veille sont prêts à être utiliser...ils ne serviront plus, ma machine à laver est pleine de linge à étendre, des bodys de Théo sont secs sur mon étandage... mais je ne peux même pas les ranger, j'imagine déja que je devrais mettre tout ca dans des cartons... PLus jamais mon fils ne mettra ses vêtements...


Je retrouve le lapin dans le lit de mon tout petit, sa sucette est à côté, je prend tout et je demande à mon mari de me ramener à l'hôpital... "Théo est tout seul, il faut que j'aille le voir, il doit avoir peur tout seul..." Dans ma tête je l'entend pleurer, je l'entend m'appeler...je vais devenir folle, il faut que j'aille le voir...


Olivier me demande de patienter un peu, mes parents vont arriver, il faut qu'on prépare tout ce qu'il faut...


Sortir le livret de famille, choisir les vêtements et les affaires qui accompagneront Théo jusqu'à son petit nuage... tout se fait automatiquement, il ne faut pas penser, il faut agir...C'est un avant goût de notre vie future...


Finalement mes parents arrivent, ma mère veut savoir ce qu'il s'est passer, elle pose 1000 questions, j'ai l'impression de revivre l'interrogatoire de ce matin... Je lui hurle de se taire, elle me fait du mal...


La découverte de Théo inanimé et le fait d'entendre le médecin dire que notre enfant était décédé a été une épreuve terrible, mais s'entendire soit-même que "Théo est mort" a été la pire des choses... On réalise au fur et à mesure la gravité de ce que nou sommes en train de vivre...


Mon papa me propose de s'occuper de tout l'administratif, on accepte sans réfléchir, on ne veut pas rater les moments précieux qu'il nous reste...


La journée se passe... le soir on décide de retourner voir Théo...


Je lui ai apporté de beaux vêtements, pas trop chaud puisque qu'il fait très beau, je l'habille, je l'embrasse, tu es tellement beau mon petit trésor... Quand je suis auprès de mon Bébé les larmes ne coulent plus... je profite de chaque instant sans perdre une miette...


Mais le temps passe trop vite, on doit déja rentrer.. Je n'allume pas la lumière chez moi, je ne veux pas être confronté au vide... à chaque heure qui défile sur mon réveil je compte le temps écoulé sans entendre un gazouillis de mon ptit coeur, je compte les biberons qu'il n'a pas pris... c'est un cauchemar éveillé...et quand je ferme les yeux je revois en flash les images de mon bébé sans vie....


J'ai tellement mal !! Je sanglote dans les bras de mon mari, je suis tellemnt désolée de n'avoir rien pu faire...


Le 3 juin est unejournée difficile aussi... Je sais que Théo doit subir cette autopsie... Je suis hantée par l'idée, je retourne le problème dans tous les sens mais il n'y a pas de solution... Moi la maman de mon petit garçon, je ne peux pas empêcher lesmédecins d'abîmer mon tout petit bout...


Mon mari reste fort et me soutien.. je suis tellement reconnaissante de tout ce qu'il a fait pour moi...

On se rend aux pompes funèbres... quel lieu triste et froid... Je regarde autour de moi, je peux lire des plaques "A ma mère" "A notre grand-père"... mais nous... nous on doit enterrer notre enfant... c'est pas normal... c'est pas humain... à l'intérieur de moi je me sens mourir... et je veux mourir...


Il faut choisir le cercueil... mais rien que la taille de ces petits cercueils me font monter les larmes... Olivier choisit et moi je hoche simplement la tête pour dire Oui...


On rentre chez nous, toujours le regard vide, toujours en regardant le temps passer et je me demande de plus en plus à quoi rime toute cette mise en scène...


Mon mari me dit que je devrais écrire un petit mot pour mon bébé, qu'il fera la même chose et que ca nous soulagera un tout ptit peu...

Le téléphone sonne de nouveau, il n'arrête plus de sonner...


Il manque un papier à l'hôpital, Olivier me demande si je veux l'accompagner mais je refuse, je n'ai plus la force...


Je me retrouve seule dans l'appartement, deux jours auparavant le bonheur était omniprésent ici... aujourd'hui je n'ai plus rien....


Je ne suis pas fiere de ce que j'ai fais ce jour-là....

Je m'en veux terriblement d'avoir fait subir ça à Olivier,

Et je le remercie d'être revenu rapidement,

Sans quoi je ne serais surement plus là aujourd'hui...


Je passe le 4 juin à l'hôpital, le même ou le corps de mon bébé repose...


J'ai de la visite mais la tristesse des gens me fait plus mal qu'autre chose, je ne suis pas prête à affronter leur regard, je me sens mal, je veux être seule, je ne supporte que la douce présence de mon homme...


Je sors le 5 juin de l'hôpital, je griffone une lettre pour mon Théo... l'enterrement est pour demain, j'aimerais que le temps s'arrête, que deman n'arrive jamais...


Je retourne voir Théo dans la chambre froide, je ne l'ai pas vu depuis l'autopsie... J'ai peur de ce qui m'attend...


Je rentre dans cette grande pièce, malgré l'environnement glacial je me sens rassurée...Je reconnais mon bébé, il a l'air... bien...

Il est dans son petit cercueil blanc, des fleurs l'entoure le rendant encore plus beaux...


Les vêtements que nous lui avons choisis lui vont très bien... Je sors de mon sac son joli lapin... je le pose juste a coté de son visage...

Je prend sa petite main, je lui carresse les doigts, j'espère toujours voir ses doigts se refermer sur les miens, j'espère toujours sentir son souffle sur ma peau...


Je le carresse pendant de longues minutes, je lui parle de tout le bonheur qui m'a apporté, je lui parle de la maman qu'il a fait naitre en moi, "je t'aime tout simplement mon bébé"...


Son papa lui dépose une jolie photo de nous trois "comme ca tu ne seras jamais seule petit homme"...


Mon papa nous a rejoint en fin d'après midi pour un dernier rassemblement en "famille", toutes nos larmes se mêlent pour témoigner l'immense amour que l'on porte à Théo et ce vide tout aussi grand qu'il nous a laissé...


La nuit qui suit est très difficile, demain c'est l'enterrement, je suis malade en y pensant... On aurait jamais dû vivre ca!!! C'est tellement injuste !!


Je l'aime mon bébé, je l'aime fort, ma vie n'a pas de sens sans lui, et il ne peut pas vivre sans moi... Qui va s'occuper de lui quand il aura faim? Qui va le consoler quand il aura mal??


On se torture l'esprit, et je torture mon mari avec toutes mes questions, il me répète sans cesse que je me fais du mal... "Théo est bien là où il est, ne t'inquiète pas, notre amour l'accompagne" mais je n'entend pas ses paroles... Je veux simplement qu'on me rende mon fils...


La nuit a été blanche, j'ai mal à la tête d'avoir trop pleurer, j'ai les yeux gonfler de larmes et de fatigue...


On se prépare à enterrer notre enfant, j'ai peur de dire un mot a mon mari, peur d'entendre ma voix trembler, peur de le voir fragile... Je ne peux pas craquer maintenant...


On se retrouve a 10h devant le cercueil de notre bébé, il faut maintenant qu'un responsable ferme le cercueil.... S'en est trop pour moi...


Je sors de la pièce, laissant mon mari seul avec cet homme et mon bébé...

J'ai horriblement mal.... Je n'est plus la force de réagir ni même de tenir debout, ma tristesse est trop lourde...


Le cercueil est transporté dans la voiture et nous avançons doucement vers la dernière maison de Théo, j'aimerais être forte pour l'accompagner dignement, j'aimerais sourire pour lui dire que malgré tout, les bons souvenirs seront plus fort que le destin...

Mais je ne peux pas m'empêcher de pleurer...


Nous n'avons pas fais faire de cérémonie pour notre petit Ange, je ne supporte pas l'idée qu'un Dieu dit "Amour" existe alors que mon Enfant est mort... comment ce genre de drame peut encore se produire?? Est-ce que nous sommes puni ? Pourquoi nous enlever la chair de notre chair?

Je n'ai jamais eu la foi, et le décès de Théo me conforte dans mon idée...


En arrivant au cimetière mon frère rejoint Olivier et porte le cercueil jusqu'à l'emplacement... Il y a beaucoup de personnes à l'enterrement de mon Ange, je souris devant ce témoignage d'amour et de respect envers notre Bébé, sa petite existance a marqué la vie de nos proches et de nos amis... Ils ne l'oublieront pas alors...


J'ai voulu te lire une lettre mon Théo, mais ma voix était noyée de larmes, mes yeux brouillés...


Ton petit cercueil est posé devant ton papa et moi... je sens la main de ton papa serrer la mienne, je sens toute l'énergie qu'il cherche à me donner, toute la force qu'il veut me transmettre...

Des amis nous liront des beaux poèmes, les plus beaux retraçaient ta trop courte histoire...


Je ne peux pas oter mon regard de ce cercueil, je vois Théo allongé dedans, cherchant à tout prix à sortir... je dis à mon mari qu'il faut le sortir de cette boîte qu'il va étouffer, je le supplie d'arrêter l'enterrement...

Jusqu'au bout j'ai guetté le moindre signe de mon bébé.... en vain... J'ai vu disparaître le cercueil renfermant mon fils, j'ai vu tout mon avenir se recouvrir de terre, je me suis sentie mourir une nouvelle fois... je me suis sentie vide de tout, prisonnière de ce corps qui m'empêche de rejoindre mon bébé...


J'aurais voulu sauter dans cette tombe pour prendre la place de mon bébé, j'aurais voulu donner ma vie pour épargner la sienne, je me serais tuer pour l'entendre me dire "je t'aime...", je t'ai promis mon Ange que je serais forte pour toi, que notre vie ne s'arrêterais pas la, je vivrais une vie toute entière pour toi... Je te donnerais un frère ou une soeur pour que tu sois fière de moi...


Je souffrirais toute ma vie pour cet aurevoir manqué, je ne cesserais jamais de me torturer de ne pas t'avoir entendu t'envoler...


Les jours qui suivent l'enterrement sont vides... vides d'envie, vide de mots, vide de vie...

Les amis s'éloignent devant la difficulté pour eux de nous soutenir, la famille se resserre pour former une bulle... on se terre chez nous pour ne pas affronter la vie, pour ne pas se blesser devant le bonheur des autres....


3 semaines s'écoulent lorsque l'on reçoit enfin les résultats d'autopsie... Ces document ont les attend avec beaucoup d'appréhension mais aussi beaucoup d'impatiente...

On espère avoir enfin la réponse à toutes nos questions, ces questions qui nous empêchent de dormir la nuit, celle qui nous font cogiter à longueur de temps...


Mais on découvre que rien n'est trouvé, notre bébé était parfait, mais ca on le savait déja, nous n'avons jamais douté...

En conclusion on peut lire que suite a l'enquête sur l'environnement et le mode de vie de notre enfant ainsi que l'examen médico-légal réalisé sur Théo, la seule hypothèse avancée par le légiste est une Mort Subite du Nourrisson Inexpliquée...


Voilà la réponse à toutes nos questions?? Une simple hypothèse d'une mort que l'on explique pas... On nous explique que nous devons nous contenter de cette cause pour avancer dans notre deuil...


Mais comment se reconstruire sur des hypothèses? Comment imaginer notre vie alors que tout repose sur des "Si"??


C'est dur de dire "Notre enfant est mort, la faute à pas de chance..." Je ne peux pas l'admettre, c'est une souffrance qui nous rongera toujours...


Notre fils a emporté une partie de nous, il a une place entière dans nos coeurs...

Jamais je n'oublierais sa naissance, son regard, sa douceur, ses pleurs...


Le temps ne pourra jamais amoindrir mes sentiments car dans le coeur de tes parents, mon tout petit Théo tu continueras à grandir...

Le temps sur Terre ne se compte plus pour toi, mais dans le coeur de tes parents, chaque minute qui nous éloigne de toi est marquée...


Théo est le fruit de notre amour, un bout de lui, un bout de moi... éparpillé par le souffle du vent, je sais qu'un jour nous nous retrouverons...


Mon Amour, mon Ange, mes bras sont trop court pour te bercer de si loin, mais mon coeur est assez grand pour franchir ses frontières...


Merci a tous nos proches qui nous ont soutenus et qui ont pris en charge tout ce qui était trop difficile à accomplir pour nous...

Merci en particulier à mon Papa... Théo a ton petit lapin pour qu'il ne se sente jamais seul, il pensera toujours à toi...


Merci à Laurent et Julie de nous avoir pris sous vos ailes malgré vos obligations familiales...Merci beaucoup pour votre aide et pour vos épaules sur lesquelles ont peu se reposer...


Merci a tous les pompiers de la caserne qui ont rendus un bel hommage à Théo et qui pensent à lui chaque moi...


Et le plus grand merci je le réserve à mon mari sans qui je n'aurais jamais eu le grand bonheur derencontrer un Ange, sans qui je n'aurais jamais eu le courage de continuer à me battre, sans qui je ne serais plus là aujourd'hui...


Chaque souvenir est gravé dans ma mémoire, les bons comme les mauvais... jamais je n'oublierais...


Sans mon Ange la vie a changé de sens, on subit plus qu'on ne profite, on pleure plus qu'on rit, on pense plus qu'on se repose... Je prend l'oxygène que mon enfant n'a pas pu respirer, je vis ma vie pour lui mais moi je ne suis plus là...


J'apprendrais a renaître, à connaitre la nouvelle "moi", à vivre dans le manque, à survivre à l'absence...


Je t'aime Mon Ange,

Le temps n'y changera rien...


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Commentaires

 

1. horizon66  le 08-05-2009 à 19:25:50

Salut, de passage sur ton blog je te souhaite une belle soirée, gros gros bisous. Stéphane

2. musicchatel  le 09-05-2009 à 14:47:20  (site)

bonjour je viens de lire ce boulersant témoignage de votre vie je n'ai pas de mot pour vous réconforter ou pour vous aider mais je pense que à travers ce blog vous mettrai tout l'amour que vous avez en vous et vous allez continuer encore et encore .......pour la pensée

3. ptitemilla  le 25-07-2009 à 22:46:54  (site)

je suis en larme devant ton blog, comme je te comprend, j'ai perdu ma petite louane qui allait avoir un mois de mort subite du nourrisson en janvier 2007, mais en pleine journée, j'ai vécu la meme chose que toi, le samu, les policiers, mais pas d'autopsie pour nous, je te souhaite tous le bonheur du monde et j'envoie des milliard de baisers à ton petit ange

4. conseil-en-allaitement  le 06-08-2009 à 01:02:24

j'ai passé beaucoup de temps à te lire, également beaucoup de temps à pleurer, car c'est attroce ce qui vous est arrivé à toi et ton mari. Gardez espoir, courage, c'est un mal qui ne s'oubliera jamais mais qui s'estompe, je suis de tout coeur avec vous et votre famille, tendre baiser à votre petit ange et mille pensées
si tu veux prendre contact avec moi mon pseudo c'est conseil-en-allaitement sur www.skyrock.com bon courage à vous

5. lalie45  le 26-10-2009 à 09:49:42

je retiens avec peine mes larmes en lisant ces témoignages poignants, concernant vos deux enfants.

mes douces pensées accompagnent vos petit anges. que vos deux petites étoiles éclairent toujours votre coeur meurtri pour vous aider à aller de l'avant.

6. aliicedk  le 04-10-2010 à 08:53:35  (site)

j'ai lu votre histoire et j'ai fondu en larme je suis de tout coeur avec vous vous avez eu du courage groos bisou

7. dianophil  le 12-11-2013 à 14:44:27

Hello...

Je suis l'amie de petite_lune, j'ai mis un commentaire te remerciant sur son post au sujet de Gabriel... J'ai lu ton article, les larmes ont coulé. C'est insoutenable, vraiment personne ne devrait avoir à subir cette injustice. Je ne sais que dire de plus, sachant en plus que tu as eu un autre ange dans ta vie... Au moins, ton expérience peut aider les autres, mon amie en tête... Et heureusement que tu as pu enfin chérir deux autres enfants. Je reviendrai sans doute te lire, petit à petit... Bises

 
 
 
 

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